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Vivre plus longtemps ne suffit pas, il faut aussi se sentir bien pendant toutes ces années. C’est précisément là qu’intervient la tendance de la longévité: avec des données, des diagnostics et des concepts, présentés comme une promesse luxueuse d’énergie, de clarté et de résistance accrues.

La longévité désigne en quelque sorte l’étape du cycle de vie en bonne santé, c’est-à-dire les années pendant lesquelles le corps et l’esprit fonctionnent correctement. Tandis que l’approche de prévention classique visait à prévenir les maladies, la longévité va plus loin: elle vise à identifier les risques pour la santé à un stade précoce afin que nous puissions vivre en bonne santé le plus longtemps possible. Pour ce faire, des biomarqueurs sont collectés, des analyses d’ADN et de microbiome sont effectuées et le sommeil, les hormones et le métabolisme sont surveillés de près. L’idée: plus les données sont précises, plus les interventions peuvent être ciblées, qu’il s’agisse d’alimentation, d’exercice physique, de perfusions, de traitements hormonaux ou de thérapies régénératives.

La Suisse comme scène

Il n’est guère surprenant que la Suisse soit en train de devenir un haut lieu de la longévité. La discrétion, l’excellence médicale et une longue tradition de tourisme médical en sont les conditions idéales. Dès le XIXe siècle, les gens se rendaient en Suisse dans le but précis de trouver la guérison grâce au climat alpin. Davos, en particulier, est devenu un mythe, notamment grâce au roman La Montagne magique de Thomas Mann, où les sanatoriums, bien plus que de simples lieux de guérison, servaient de cadre à un mode de vie entre guérison, réflexion et société. Aujourd’hui, ces lieux portent d’autres noms.

AYUN, par exemple, est le nom de la première clinique de longévité du pays où les clients sont reçus sans rendez-vous et qui a ouvert ses portes l’année dernière à Zurich. Plus de 150 points de données sont pris en compte dans le rapport personnel, complété par des applications telles que la cryothérapie, la lumière rouge ou l’OHB, l’oxygénothérapie hyperbare. Les salles de soins, conçues par le bureau zurichois Dyer-Smith, ressemblent davantage à un hôtel-boutique qu’à une clinique – la santé comme un style de vie soigneusement orchestré.

Le Swiss Center for Health & Longevity, situé au bord du lac de Zurich, poursuit une approche similaire: le diagnostic combiné à l’oxygénothérapie, aux perfusions ou à ce que l’on appelle l’optimisation sanguine. Le Chenot Palace à Weggis combine détoxification, nutrition et coaching pour offrir un séjour luxueux, tandis que la Clinique La Prairie à Montreux réinterprète son rôle historique en misant aujourd’hui sur la «Longevity Method», qui attire des clients du monde entier. Parallèlement, l’université de Zurich établit une base scientifique avec son Healthy Longevity Center. On y mène des recherches pour déterminer quels biomarqueurs sont réellement fiables et où commence le marketing.

Prévention, résilience, autodétermination

Au fond, la longévité demeure toujours une démarche de prévention, mais sous une forme radicalisée. Il ne s’agit pas de réagir seulement en cas d’apparition d’une maladie, mais d’anticiper les risques le plus tôt possible. L’alimentation, l’exercice physique, le sommeil et la gestion du stress restent la base, complétée par de nouveaux outils tels que les tests épigénétiques, les compléments alimentaires ou les thérapies régénératives. Une importance cruciale revient aussi au concept de résilience: il s’agit de la capacité à réagir avec souplesse au stress, à la maladie ou aux facteurs environnementaux. Les programmes de longévité visent à promouvoir cette résilience, que ce soit par des exercices mentaux, des bains froids ou simplement le rituel de prendre du temps pour sa propre santé.

Entre aspiration et réalité

Aussi prometteuses que puissent paraître ces promesses, beaucoup d’éléments restent encore au stade expérimental. La recherche n’en est qu’à ses débuts et les études à long terme font défaut. Les experts rappellent que les principes de base restent banals: activité physique, alimentation équilibrée, bon sommeil, proximité sociale. Mais c’est précisément là que réside l’attrait: la Suisse traduit ces vérités simples en une expérience qui allie haute technologie, luxe et discrétion. Ici, la longévité est bien plus qu’un simple effet de mode. Elle est l’expression d’une attitude qui ne considère pas la santé comme un sous-produit, mais comme un investissement conscient. Et c’est peut-être cela qui explique la fascination: la promesse d’une vie longue et heureuse, où science et mode de vie s’unissent pour former une nouvelle forme d’autodétermination.

Longevity neu
Jonathan Glynn-Smith ©

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