Du 12 au 20 septembre 2026, Côme redeviendra le rendez-vous du design contemporain. Placé cette année sous le thème «Confine», le Lake Como Design Festival explore les frontières – spatiales et matérielles, mais aussi celles entre passé et présent, art, artisanat et design. L’un des lieux les plus fascinants de cette édition ouvrira pour l’occasion ses portes au public pour la première fois: la Villa Saporiti, directement au bord du lac de Côme.
Dans le design, les frontières se résument rarement à de simples lignes. Elles apparaissent là où un matériau atteint ses limites, où l’architecture rencontre le paysage, où l’artisanat se mue en design ou encore lorsqu’une forme historique est transposée dans le présent. C’est précisément à ces zones de rencontre que s’intéresse la huitième édition du Lake Como Design Festival. Confine – la frontière – est le thème choisi pour ces neuf jours de festival. Mais il ne s’agit pas seulement de ce qui sépare. Les organisateurs l’envisagent aussi comme un point de contact, un espace de tension et de transformation où se confrontent et se rejoignent des idées différentes.
Une villa ouvre ses portes au design
Cette réflexion prend une dimension particulièrement séduisante à la Villa Saporiti. Pour la première fois, la Contemporary Design Selection investit cet édifice néoclassique situé directement au bord du lac. Curatée par Giovanna Massoni et dirigée par Francesca Prandelli, la sélection réunit des créateurs internationaux issus du design, de l’architecture, de l’art et de l’artisanat, qui explorent chacun à leur manière la notion de frontière. Car les contrastes s’inscrivent aussi au cœur même de la matière: entre dureté et souplesse, masse et légèreté, surface brute et finition précise, opacité et transparence. Pierre naturelle, bois, métal, verre ou céramique ne racontent pas seulement une histoire de formes, mais révèlent aussi jusqu’où les designers sont prêts à transformer la matière – ou, au contraire, à respecter sa nature. On y retrouve également cette évolution esthétique que l’on désigne sous le terme de Soft Brutalism. Non pas comme un nouveau style régi par des codes bien définis, mais comme un goût pour la masse, l’authenticité des matériaux et la clarté des formes. Les structures peuvent rester apparentes, les surfaces n’ont pas besoin d’être impeccables, la pierre naturelle peut conserver son caractère brut et le bois révéler son veinage. Dans le même temps, la lumière, la transparence et des détails subtilement travaillés viennent adoucir la puissance des matériaux les plus massifs.
Face à l’architecture historique de la Villa Saporiti, ce jeu de contrastes devrait se révéler particulièrement intéressant. Le design contemporain ne s’inscrit pas ici dans la neutralité d’un white cube, mais dialogue avec un lieu doté de sa propre histoire et d’une forte présence architecturale. L’ancien ne s’efface pas pour laisser toute la place au nouveau: les deux doivent trouver un terrain d’entente.
L’avenir se trouve aussi dans le passé
Un autre lieu phare du festival montre que Confine dépasse largement la seule question des matériaux. À la Villa del Grumello, Future in the Past explore la frontière entre passé et avenir. Les archives n’y sont pas envisagées comme des fonds figés, mais comme le point de départ de nouvelles créations. L’exposition présente notamment des œuvres issues des archives de Carla Badiali, parmi lesquelles des dessins réalisés dans le cadre de ses collaborations avec Hubert de Givenchy et Pierre Balmain. Ils offrent un aperçu des processus créatifs, mais aussi des contraintes techniques liées à l’impression textile. Un exceptionnel meuble-bar de Paolo Buffa datant de 1948 remonte encore plus loin dans le temps: ses gravures s’inspirent de dessins réalisés par Andrea Appiani pour le cycle napoléonien qui ornait autrefois le Palazzo Reale de Milan et dont le décor original fut détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Le design devient ainsi lui-même porteur de mémoire.
Lina Bo Bardi est également représentée, tout comme AG Fronzoni, aux côtés de projets contemporains qui réinterprètent des techniques historiques, l’architecture méditerranéenne ou des matériaux traditionnels. C’est précisément ce dialogue qui donne tout son sens au titre Future in the Past: le passé n’est pas utilisé comme une simple référence esthétique, mais comme une matière à partir de laquelle il est possible de continuer à créer.
Le design investit la ville
Le festival ne se cantonne d’ailleurs pas aux villas. Côme elle-même devient partie intégrante du programme. L’Archivio Design Ico Parisi se penche sur la collaboration entre Ico Parisi et Giuliano Collina, tandis que des architectes proposent des parcours à la découverte des chefs‑d’œuvre rationalistes de la ville. D’autres installations et expositions abordent Confine sous un angle sociétal, paysager ou technologique. Même les limites mouvantes des paysages alpins deviennent matière à réflexion. À Laglio, des étudiants de Central Saint Martins investissent quant à eux un lieu difficilement dissociable du lac de Côme: le chantier naval historique Cantiere Ernesto Riva. Sous le titre Energy Poetics, ils explorent les sources d’énergie naturelles et les possibilités qu’elles offrent pour imaginer une navigation plus durable sur le lac.
Confine devient ainsi moins un simple thème qu’un véritable fil rouge pour un festival qui cherche les frontières précisément là où le design devient intéressant: entre matière et forme, histoire et présent, paysage et architecture, artisanat et technologie.
Du 12 au 20 septembre 2026
Lake Como Design Festival
So wird Confine weniger zur Überschrift als zum roten Faden eines Festivals, das Grenzen dort sucht, wo Design interessant wird: zwischen Material und Form, Geschichte und Gegenwart, Landschaft und Architektur, Handwerk und Technologie.
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