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Filippo Colombo Portraet Cr Piper Albrecht
Mobility & Sports

Filippo Colombo : le Tessinois polyvalent qui redéfinit les limites du cyclisme

Mobility & Sports · août 2025

Un athlète imparable

Né en 1997, Filippo Colombo mène une carrière qui se distingue avant tout par sa polyvalence. Alors que la plupart des professionnels se concentrent sur une seule discipline, Colombo vise les premières places dans deux des domaines les plus exigeants du cyclisme : le VTT cross-country et le cyclisme sur route.

Le chemin emprunté par Colombo est aussi ambitieux que difficile et se caractérise par une résilience remarquable et une capacité à évoluer en permanence.

Forgé dans le sud de la Suisse : les racines d’un champion

Le parcours de Colombo a commencé dans un petit village du Tessin appelé Bironico, où il a vu le jour. Le cyclisme était pour ainsi dire dans ses gènes : sa mère et son oncle lui ont donné l’envie de se lancer dans le sport. Mais à l’époque, le Tessin offrait encore peu d’infrastructures pour les clubs de VTT spécialisés. Colombo a donc commencé sa carrière au Velo Club Monte Tamaro, un club qui l’a très tôt marqué et encouragé.

Bien qu’il se soit d’abord concentré sur le cyclisme sur route, il a rapidement acquis la polyvalence qui allait plus tard le distinguer. Enfant, il a disputé ses premières courses sur route, qui lui ont non seulement apporté des connaissances techniques et une compréhension tactique du peloton, mais aussi une base solide pour sa future carrière en VTT. Cette période sur route a posé les bases importantes des succès qui allaient suivre.

Dès la catégorie U15, Colombo participait à des courses sur route et en VTT. En 2012, il a décidé de se consacrer entièrement au VTT, une décision motivée non seulement par sa préférence pour cette discipline, mais aussi par des raisons pragmatiques : le Velo Club Monte Tamaro a fondé cette année-là la première équipe cantonale de VTT. Mais le chemin n’a pas toujours été facile. L’équipe a d’abord dû s’imposer face aux forces établies de la scène suisse et est rentrée chez elle avec une défaite. Mais ce revers a conduit à une amélioration de l’entraînement et, l’année suivante, la première victoire en Swiss Cup 2013 a récompensé le travail acharné.

© Piper Albrecht

La percée : de jeune star à professionnel

La détermination de Colombo l’a rapidement propulsé au sommet de la scène junior suisse. En 2014, il a remporté le titre de champion suisse junior de VTT et a été sélectionné en équipe nationale. Un an plus tard, il a décroché la médaille de bronze aux Championnats du monde juniors à Nové Město, un succès qui a fait de lui un jeune talent très prometteur. En 2017, Colombo a fait ses débuts chez les professionnels et a rejoint l’équipe BMC.

Au cours de cette période, il a continué à progresser et a déjà remporté des succès remarquables dès ses premières années, notamment la médaille d’argent aux Championnats d’Europe et au classement général de la Coupe du monde. Mais ce qui rend la carrière de Colombo si particulière, ce n’est pas seulement sa vitesse en VTT, mais surtout son objectif de concourir au plus haut niveau dans deux disciplines : le VTT et le cyclisme sur route.

Pour la saison 2023, Colombo a signé des contrats avec la célèbre équipe de VTT SCOTT-SRAM et l’équipe de cyclisme sur route Q36.5 Pro Cycling. Cette décision a été un pas courageux qui a attiré l’attention du monde du cyclisme. Colombo voulait non seulement prouver sa polyvalence, mais aussi élargir son expérience dans les deux disciplines afin de progresser en tant qu’athlète.

Sa participation à des courses prestigieuses telles que la Strade Bianche et Paris-Roubaix lui a, d’une part, apporté une expérience et des connaissances précieuses qui ont fait progresser sa carrière. D’autre part, cela l’a confronté à des défis physiques importants. Au printemps 2023, Colombo a subi une chute spectaculaire lors de Paris-Roubaix, qui l’a contraint à l’abandon en raison d’une grave blessure au coude.

Un revers et un retour : de la blessure au championnat

La chute lors de Paris-Roubaix 2023 a été un coup dur pour Colombo. La blessure a nécessité deux opérations et une longue période de rééducation de cinq mois. Mais au lieu de se laisser décourager, il a fait preuve d’une force mentale remarquable. Cette longue pause n’a pas semblé ralentir le jeune professionnel, mais plutôt le motiver. Dès 2024, il a fait un retour impressionnant : il a remporté le titre de champion suisse de cross-country et s’est classé troisième au classement général de la Coupe du monde. Son retour n’est pas seulement un témoignage de son endurance physique, mais aussi une preuve de sa force mentale inébranlable. En mars 2025, il a remporté avec Nino Schurter la célèbre course Cape Epic en Afrique du Sud et en juillet, il a défendu avec succès son titre de champion suisse.

Regard vers l’avenir : à la poursuite des rayures arc-en-ciel

Filippo Colombo a déjà remporté de nombreux succès au cours de sa carrière, mais son rêve ultime reste de remporter le titre de champion du monde de cross-country et le maillot arc-en-ciel tant convoité. Le jeune Tessinois a le potentiel pour s’imposer durablement parmi les meilleurs vététistes mondiaux. Avec ses capacités polyvalentes, qui allient la puissance explosive du VTT et l’endurance du cyclisme sur route, il fait sans aucun doute partie des coureurs les plus talentueux de sa génération.

En dehors des circuits, le Tessinois est un ambassadeur important pour son canton natal. En qualité de partenaire de la région de Lugano, il renforce l’image du Tessin en tant que centre de sports de plein air et de cyclisme et contribue à promouvoir le sud de la Suisse dans le monde entier.

Colombo a déjà prouvé qu’il possède non seulement un talent exceptionnel, mais aussi le caractère d’un champion. Son avenir laisse présager qu’il restera un acteur important du cyclisme international. Son parcours est loin d’être terminé et les meilleures années du Tessinois sont encore devant lui.

Filippo Colombo à la WHOOP UCI Mountain Bike World Series 2025, Pal Arinsal, Andorre © Piper Albrecht

10 questions à Filippo Colombo

Filippo, tu te bats pour les premières places aussi bien sur route qu’en VTT. Comment arrives-tu à concilier ces deux disciplines tout en restant performant au plus haut niveau ?

FC : Avant, je faisais aussi bien du VTT que du vélo sur route. Avec une bonne planification, les deux disciplines peuvent en fait être combinées. Mais actuellement, la saison de VTT est si longue et si dense qu’il est pratiquement impossible de pratiquer les deux sports en parallèle. Je trouve cela dommage, car le cyclisme est ma grande passion et j’aimerais pouvoir m’adonner à toutes les disciplines.

Ta saison 2023 a été marquée par de grands défis, notamment ta blessure à Paris-Roubaix. Comment as-tu réussi à revenir après un tel revers et à monter sur le podium en tant que champion suisse en 2024 ?

FC : Au début, je n’avais pas vraiment réalisé la gravité de ma blessure, ce qui, avec le recul, a probablement été un avantage. Le moment le plus difficile a été lorsque j’ai réalisé que j’allais manquer presque toute la saison 2023. Pendant un certain temps, je ne savais même pas si je pourrais un jour reprendre la compétition de VTT. Je me suis donc concentré sur mes séances de physiothérapie et j’ai décidé de ne pas penser à l’avenir. Après plus de six mois et une deuxième opération, j’ai enfin vraiment pu reprendre l’entraînement. À l’hiver 2023/24, j’étais motivé et déterminé à revenir au plus haut niveau.

Le Tessin joue un rôle particulier dans ta carrière. Comment ta région natale a‑t-elle influencé ton évolution en tant qu’athlète et que signifie pour toi le fait d’être ambassadeur du Tessin ?

FC : C’est un grand honneur pour moi de pouvoir représenter le Tessin dans le monde entier. C’est ma patrie, l’endroit où j’ai grandi. Chaque fois que je rentre d’un long voyage à l’étranger, je ressens immédiatement ce sentiment familier d’« être chez moi ». De plus, cette région offre tout ce dont j’ai besoin pour notre sport : des montagnes, des sentiers à perte de vue et un climat parfait toute l’année. Tout cela me donne l’énergie et la motivation nécessaires pour les entraînements intensifs.

Tu t’es imposé au niveau international en Coupe du monde UCI. Quels sont tes objectifs pour les années à venir et que souhaites-tu y accomplir ?

FC : Pour l’instant, je ramène beaucoup de bons classements à la maison, mais les grands succès se font encore attendre. Mon objectif ultime est de remporter des victoires internationales. Pour cela, je dois continuer à progresser et à m’améliorer sans cesse.

Quelles sont tes ambitions à long terme dans le cyclisme ? Y a‑t-il un moment particulier que tu imagines comme le point culminant de ta carrière ?

FC : Remporter un titre mondial serait la réalisation du rêve de ma vie.

Le compte à rebours pour les Championnats du monde a commencé – quels sont les derniers préparatifs à l’entraînement avant le départ pour Crans-Montana ?

FC : Je suis actuellement dans un camp d’entraînement en altitude de trois semaines afin de me préparer de manière optimale à la compétition. L’altitude de Crans-Montana sera sans aucun doute un facteur clé dans cette compétition.

Le parcours des Championnats du monde est considéré comme techniquement exigeant et difficile. Quels sont ses pièges et quels sont, selon toi, ses avantages ?

FC : Le parcours est effectivement difficile. Mais au final, c’est la forme du jour de l’athlète qui déterminera le vainqueur. Je ne pense pas que la tactique jouera un rôle important.

Dans quelle mesure la météo jouera-t-elle un rôle dans le niveau de difficulté de ce parcours et influencera-t-elle ta tactique de course ?

FC : La météo peut tout changer pour certains athlètes. En cas de pluie et de boue, un réglage parfait est indispensable. Mais au final, ce sont les jambes qui font la différence.

Des championnats du monde dans ton propre pays : motivation supplémentaire ou pression supplémentaire ?

FC : Pour nous, athlètes suisses, c’est un sentiment très particulier. Nous prendrons certainement tous le départ avec une motivation supplémentaire et dépasserons nos limites. Personnellement, je ne ressens pas de pression particulière et je souhaite simplement profiter pleinement de l’événement. 

Quel rituel observes-tu toujours une heure avant le départ de la course et as-tu un porte-bonheur personnel ?

FC : Je n’ai pas de rituel particulier avant le départ, sauf que je murmure quelques mots d’encouragement à mon vélo pendant l’échauffement. Ensuite, c’est parti.

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